L'école italienne, Artemide et Oluce
Artemide et Oluce partagent un postulat fondateur : la lumière est une matière à sculpter. La forme naît d'une intention optique, jamais d'un décor ajouté.
Artemide, la forme comme calcul
Chaque pièce naît d'une intention formelle précise. La Calipso tire sa grille alvéolaire d'un algorithme appliqué à une photographie de la Lune. Le Zephyr hexagonal fait travailler le verre soufflé à la bouche comme un organe optique, son bord ondulé meulé alternant bandes transparentes et opalines.
- Calipso, technopolymère, 1 260 €
- Yanzi, laiton brossé et verre opalin, 1 700 €
- Zephyr hexagonal, verre soufflé bouche, 3 750 €
Oluce, l'essentiel milanais
Vico Magistretti a conçu la Sonora en 1976 comme un objet du quotidien élevé à la dignité du design. Sa coupole en PMMA soufflé est blanche à l'extérieur et dorée à l'intérieur : la lumière est renvoyée contre la face dorée puis redistribuée vers le bas dans une tonalité chaude. Tout l'effet tient à une face qu'on ne voit pas.
Le fonctionnalisme scandinave, Louis Poulsen
Un seul principe, tenu depuis 1926 : aucune source lumineuse ne doit être visible depuis la position assise. Tout le reste en découle.
Le système PH, cent ans de méthode
Le système à trois abat-jour le porte encore dans la PH 5 de 1958 comme dans la PH 3/3 Centenary Edition, éditée pour le centenaire. Chaque écran reprend la lumière du précédent et la redistribue vers le bas. Une précision utile, parce que l'erreur est courante : le 5 de la PH 5 ne désigne pas un nombre d'écrans mais le diamètre de 50 cm du chapeau.
Du snowball à l'artichoke
Le PH snowball pousse le système à son aboutissement avec huit abat-jour en spirale : une sphère de lumière douce, sans ombre portée sous aucun angle. L'artichoke, soixante-douze feuilles en douze rangées de six, en constitue le sommet formel. Conçue pour le Pavillon Langelinie de Copenhague, elle reste la pièce la plus iconique de la maison.
Le contemporain sculptural, Tom Dixon
Tom Dixon travaille la lumière comme un sculpteur travaille la matière : la surface compte autant que la source.
La Melt, un miroir liquide
Lancée au Salone 2015, la Melt exploite le dépôt sous vide pour transformer une sphère de polycarbonate soufflé en miroir liquide qui capture et déforme son environnement. La pièce change d'aspect selon l'heure et selon ce qui l'entoure.
Le chandelier, à l'échelle du volume
Le Melt chandelier transpose ce principe aux grands volumes : quatre sphères irrégulières en or fumé, suspendues à une armature en acier poli plaqué or, disposées en constellation. Pour les espaces qui assument leur ambition décorative.
Choisir selon la pièce et la hauteur sous plafond
La bonne suspension dépend moins du goût que de l'espace. Deux situations couvrent la majorité des cas.
Au-dessus d'une table à manger
Le bas du luminaire se situe à 70 à 80 cm au-dessus du plateau, avec un diamètre compris entre 40 et 60 cm pour une table standard. La PH 5 reste la référence pour son absence totale d'éblouissement et permet de descendre à 65 cm. La PH 3/3 Centenary Edition applique le même principe en verre soufflé bouche. Pour les grandes tablées, la PH artichoke s'impose.
Salon, chambre et grands volumes
La Calipso éclaire avec douceur et convient à une entrée ; la Yanzi apporte une forme identifiable, y compris dans une chambre. Sous une double hauteur, le Zephyr hexagonal couvre de grandes surfaces sans rompre la cohérence formelle, et une composition en grappe est souvent plus juste qu'une pièce unique surdimensionnée. Le rail d'alimentation se prévoit dès l'installation électrique.